La première fois que je me suis aperçue que quelque chose n’allait pas dans mon couple, c’était devant la télé.
Très étranges, ces histoires de couple. On en rêve, on n’en dort plus. On veut aimer, trouver l’homme de sa vie, fonder une famille, avoir des enfants. Et puis voilà, le grand jour arrive, du bras du père on repart à celui du mari, nuit de noce, lune de miel et hop ! On se retrouve devant la télé sans savoir où est la télécommande.

Un soir comme les autres, donc, devant la télé comme tout le monde, mon mari et moi partimes d’un fou rire en entendant la réponse particulièrement idiote d’un candidat à un animateur guère plus intelligent.
Ce rire en commun fut comme une rafale de mitraillette. C’était le premier depuis bien longtemps. Trop longtemps.
Une lumière vive dans une pièce éteinte depuis des années. Ça m’a fait mal.
Je ne sais pas si c’est la télé ou quoi, mais ça m’a donné envie de lancer un avis de recherche. Pour retrouver quelqu’un qui me manquait terriblement depuis que j’étais devenue une moitié. Ce quelqu’un, c’était moi.
En entier.
C’est là que les ennuis ont commencé.
En général, le hasard s’en mêle toujours. Comme s’il était pour. Et boum au coin de la rue, on tombe sur un vieux copain qui vous invite à dîner, le mari est contre, une assiette vole, le bébé pleure, la culpabilité, les larmes, l’annulation gênée au copain et puis les choses se tassent. La vaisselle cassée est balayée, la poubelle descendue, et les problèmes disparaissent dans le camion benne. Direction la décharge.

Combien de vaisselles cassées dans les décharges publiques ? À mon avis, pas que la nôtre !
La suite est simple, elle ne s’arrange pour personne en général. C’est le moment des concessions. On perd peu à peu son identité pour récupérer la sauce côté couple.
Le couple a toujours été le terrain de Je favori des egos. Des inégaux aussi.
Pendant longtemps, la femme fut l’inégale de l’homme. Depuis, les choses se sont arrangées sans que personne ne s’en arrange vraiment. Un divorce sur deux en région parisienne, un sur trois dans le reste de la France.
Un jour où ça n’allait pas très bien, je me demandai vers quel « sur deux », je me dirigeais (j’habite en région parisienne !).

 
 





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